Copie de Gabriel Goller_4
Gabriel Goller, Everywhere is a better place , 2023-2024

Troubled surface / Surface troublée

Gabriel Goller, Karin Jobst

Delphi Space, Fribourg-en-Brisgau (DE)

7 septembre - 13 octobre

vendredi et samedi : 17h-20h, dimanche : 15h - 18h

Commissaire : Hanna Weber

Ce sont surtout les eaux qui entourent la planète d‘une enveloppe fragile. Les océans, les rivières et les lacs forment un réseau complexe qui recouvre la surface de la Terre et donne vie aux régions les plus diverses. La photographie est le seul média capable d‘enregistrer les multiples structures de surface de la Terre et de nous en montrer la fragilité et la beauté. L‘exposition Troubled Surface / Surface troublée met en dialogue deux positions photographiques qui abordent de manière différente le motif de l‘eau et sa dimension poétique et politique. Alors que Gabriel Goller, dans sa série Everywhere is a better place, fait le portrait de la métropole nigériane de Lagos, située au bord de l‘océan Atlantique sud, sur fond de pollution et de pénurie d‘eau, Karin Jobst, dans sa série d‘œuvres OCEAN. Transatlantic seaway constate les mouvements fugaces et les reflets du ciel à la surface de l‘une des principales voies navigables de l‘Occident, l‘axe Rotterdam-New York. Dans les travaux présentés, ce n‘est pas seulement l‘interdépendance des relations commerciales et des conditions de vie mondialisées qui transparaît. Les prises de vue nous amènent également à nous demander comment le naturel et le produit de l‘humain s‘entremêlent et si ces interdépendances apparaissent au grand jour ou restent invisibles.

Gabriel Goller

“oooh yes ! Premium Water” est l‘inscription sur les water bags, des sachets en plastiquede la taille d‘une main contenant de l‘eau douce, qui sont vendus à tous les coins de rue àLagos, la capitale du Nigeria, avant d‘être jetés. Contrairement aux bouteilles en plastiqueun peu plus lourdes, ils sont dispersés par le vent dans tous les coins de la ville à cause de leur légèreté, le matériau fabriqué artificiellement se fondant dans l‘environnement construit et naturel. C‘est ainsi que nous rencontrons les water bags dans une grande partie des clichés de Gabriel Goller, que ce soit dans la photographie d‘un lit de rivière bordé de déchets, entre les étals d‘un marché au sol ou dans les mains d‘un chauffeur de camionqui boit. La série, qui a été réalisée sur une période d‘un an, est consacrée à Lagos en tantque lieu d‘une activité trépidante et d‘une grande diversité culturelle. Au milieu du chaos urbain, Goller recherche des moments de calme et de tranquillité et capture son environnement de manière à réduire au minimum la distance entre le photographe et le sujet photographié. Les prises de vue riches en couleurs et en détails permettent au public de s‘immerger dans la réalité de la vie de la plus grande métropole d‘Afrique. Dans un environnement marqué par la dureté et le désordre, de petits moments de beauté et d‘espoir apparaissent, que Goller oppose parfois à des scènes plus tristes.

Gabriel Goller, (*1992 à Fribourg, DE) vit et travaille à Fribourg, DE et Lagos, NG. De 2014 à 2018, il a étudié à la Haute école d‘art, de design et de musique populaire (hkdm, Fribourg) avec la professeure Karin Jobst. Pendant ses études, il a effectué des semestres au Nigeria et aux États-Unis. En 2018, Goller a fait partie de l‘exposition de groupe Stretched Terrains à la Biennale Dak‘Art de Dakar. Depuis 2022, il vit et travaille à Lagos, où il participe à des projets d‘échanges culturels.Son travail se caractérise par l‘exploration et la fusion expérimentales des limites de différents médias comme la sculpture, la peinture et la photographie, en les faisant dialoguer entre eux pour créer de nouvelles formes d‘expression. Une grande partie de ce travail est un regard critique sur les agglomérations des régions métropolitaines européennes et africaines. Il aborde le rôle de la consommation dans la société et l‘identité de l‘individu dans l‘espace urbain.

www.instagram.com/gabrielemanuelgoller/

http://gabrielgoller.de/

Gabriel Goller, Everywhere is a better place, 2023-2024.

Karin Jobst

Dans son travail OCEAN – transatlantic seaway, Karin Jobst fait fusionner près de 300prises de vue analogiques en une expérience chromatique qui occupe tout l‘espace, sousla forme d‘un film photographique de plusieurs heures. Les photographies ont été prisesen 2012 lors d‘un voyage de douze jours à bord d‘un porte-conteneurs, lors de la traversée de Hambourg à New York via Rotterdam. Toutes les heures, Jobst saisissait avecson appareil photo une partie de la surface de l‘eau depuis le bateau en mouvement. Chaque extrait porte sa propre coloration, basée sur les reflets du ciel en constante évolution et sur les mouvements de l‘eau provoqués par le navire. La voie maritime transatlantique reliant l‘Europe à New York est l‘une des routes commerciales les plus fréquentées au monde. Au cœur de l‘œuvre se trouve toutefois un moment immersif dans l‘expérience réelle, une immersion dans la contemplation de l‘eau qui passe, qui se transforme en un moment immersif dans l‘espace d‘exposition, une immersion dans des mondes de couleurs sur le mur. Pour ce faire, des prises de vue analogiques moyen format numérisées ont été traduites en photographies basées sur le temps et saisies dans une transition cinématographique. Comment l‘espace se transmet-il dans la photographie et le film et quelles sont les frontières qui se dissolvent ?

Karin Jobst (*1973, Landshut, DE) a obtenu un master en beaux-arts (MfA) à la Hochschule für bildende Künste, Hamburg HFBK avec les professeurs Silke Grossmann et Wim Wenders, et son diplôme en photographie à la FH Bielefeld avec la professeure Katharina Bosse, grâce à une bourse de la fondation Heinrich Böll, Berlin. Elle a photographié une centrale nucléaire allemande, a voyagé en porte-conteneurs de Hambourg à New York City, aux États-Unis, et a photographié sous les chutes du Niagara dans l‘un des plus grands tunnels d‘Amérique du Nord. Karin Jobst vit et travaille à Hambourg et à Fribourg. Elle est une membre nommée de l‘Académie allemande de photographie, DFA, et de la Société allemande de photographie, DGPh. Elle est également experte de confiance de la Fondation d‘études Heinrich Böll, Berlin.

www.karinjobst.de/

Karin Jost, OCEAN Transatlantic Seaway, 2012, 2024.