Benedicte BlondeauOndes_18
Bénédicte Blondeau, série Ondes, 2023.

those eyes
these eyes
they fade

Bénédicte Blondeau, Bernard Plossu, Nigel Baldacchino, Raymond Meeks, Awoiska van der Molen

 

Musée des Beaux-Arts, Mulhouse

13 septembre 2024 - 5 janvier 2025
tous les jours (sauf le mardi et les jours fériés): 13h - 18h30
pendant le marché de Noël : 13h - 19h

Commissaire/curator : Anne Immelé

Dans le cadre de la 6e édition de la BPM, l’exposition those eyes - these eyes - they fade explore les liens souterrains unissant l'humain aux mondes vivants, et ce, depuis la nuit des temps. Offrant un parcours entre des espaces urbains et naturels, elle se veut être une méditation prolongée, une contemplation active et poétique. Les œuvres, parfois intimes parfois plus objectives, reflètent la vision personnelle des photographes et invitent à une expérience visuelle et émotionnelle plutôt qu'à une compréhension littérale.
Les installations photographiques encouragent le public à naviguer à travers des environnements aux contrastes marqués, suscitant une diversité de perceptions. Comme des images qui apparaissent à chaque clignement d'œil, l'exposition propose des visions d’un monde en mouvement, mettant en évidence l’interconnexion entre les humains et les autres êtres vivants, y compris les plantes. Pour Emanuele Coccia, les plantes ont modifié la structure métaphysique du monde. Selon lui, c'est aux plantes qu’il faut demander ce qu’est le monde car ce sont elles qui « font monde ». Cette connexion de la vie humaine avec celle des plantes, des minéraux, des différents organismes est primordiale dans la conception de mondes - devenus impossibles aujourd’hui - mais possibles demain.

Une première forme de those eyes - these eyes - they fade a été présentée en 2022 à l’espace Valletta Contemporary à Malte. 

Avec le soutien de Neuflize OBC.

www.instagram.com/thoseeyestheseeyestheyfade/

As part of the 6th edition of the BPM, the exhibition those eyes - these eyes - they fade explores the underlying links between humans and the living world, since the dawn of time. Offering a journey between urban and natural spaces, it is intended as a prolonged meditation, an active and poetic contemplation. The works, sometimes intimate, sometimes more objective, reflect the personal vision of the photographers and invite visual and emotional experience rather than literal understanding.
The photographic installations encourage the public to navigate through sharply contrasting environments, eliciting a diversity of perceptions. Like images that appear with every blink of an eye, the exhibition offers visions of a world in motion, highlighting the interconnectedness between humans and other living beings, including plants. For Emanuele Coccia, plants have changed the metaphysical structure of the world. In his view, plants should be asked what the world is, because plants " shape the world ". This connection between human life and that of plants, minerals and other organisms is crucial to the conception of worlds that are impossible today, but possible tomorrow.

A first form of those eyes - these eyes - they fade was presented in 2022 at the Valletta Contemporary space in Malta.

With the support of Neuflize OBC.

Bénédicte blondeau

Avec Ondes, Bénédicte Blondeau documente les flux d'énergie qui façonnent nos existences tout en débordant nos capacités de perception. Cette série traite du lien entre notre origine et notre destination ultime. Ce même lien qui nous unit à des époques lointaines, aux premières formes de vie et au cosmos, dans une vision d'interconnexion et d’interdépendance. Ondes présente une vision du réel qui n’oublie pas que celui-ci renvoie aussi à ce qu’on ne voit pas. C’est une exploration des éléments basée sur le principe que tout est en perpétuelle transformation, que nous soyons capables de le percevoir ou non.

Née à La Louvière, en Belgique, Bénédicte Blondeau a étudié la photographie à Gand et à Lisbonne, obtenant un master en communication appliquée à l'IHECS, à Bruxelles. Elle a participé à diverses expositions et conférences à travers l'Europe et son travail a été publié dans de nombreux magazines à l'international. En 2019, son premier livre photo Ce qu'il reste est paru chez l'éditeur portugais XYZ Books. En 2021, sa première exposition monographique a eu lieu au Photoforum Pasquart en Suisse. Bénédicte Blondeau a également travaillé comme réalisatrice de films documentaires et est actuellement commissaire d'expositions photographiques pour PEP - photographic exploration project qu'elle a fondé à Berlin en 2019.

www.instagram.com/benedicte_blondeau/

www.benedicteblondeau.com/

Bénédicte Blondeau, série Ondes, 2023.

Bernard Plossu

La nature prisonnière de Bernard Plossu rassemble des clichés des années 1970, pris en France et aux États-Unis, illustrant la mise en scène artificielle de la nature dans des espaces pleinement bétonnés. Des arbres solitaires, ou presque, fournissent des effusions d’une vie végétale qui tente d'échapper au contrôle de l’humain dans des environnements conçus par et pour lui. Face à ces images en noir et blanc, Bernard Plossu propose d’y opposer la chaleur de l’exubérante végétation du bassin méditerranéen. Après une vie de voyage, c’est au contact de cette nature côtière et généreuse que le photographe vit désormais, sans oublier de lui rendre hommage par l’image.

Né en 1945 au Vietnam, Bernard Plossu réalise ses premières photos à treize ans, lors d'un voyage au Sahara avec son père. En 1965, il part au Mexique où il photographie ses amis beatniks avec lesquels il expérimente l'errance et la liberté. Il voyage chez les Indiens mayas, en Californie, en Égypte, en Inde, au Niger. En 1977, Bernard Plossu s'installe au Nouveau-Mexique. Il y perfectionne un style visuel direct caractérisé par une absence totale d'effet. Dans les années 1980, Il revient vivre en Europe et continue de marcher notamment en Espagne, en France, en Turquie ou sur les petites îles italiennes. Ses images sensuelles et silencieuses évoquent la douceur des corps, de la matière, du mouvement. Il est l'auteur de très nombreux ouvrages ayant fait date, tels que Le Voyage mexicain, The African Desert, Au Nord, Avant l'âge de raison ou L'heure immobile.

Bernard Plossu, La nature prisonnière, 1974.

Nigel Baldacchino

Dans Pinetu, Nigel Baldacchino capture les arbres du Jubilee Grove, un espace vert urbain à Malte. Échappant aux activités familiales classiques, ce bosquet sert de refuge aux sans-abris, de zone de consommation d’héroïne et de lieu pour des rencontres homosexuelles. Les formes uniques des arbres deviennent des métaphores des divers parcours de vie et de leurs aléas, tandis que l'espace porte également la mémoire personnelle de l'artiste qui a grandi non loin de celui-ci. Ne représentant que la végétation du parc et non sa population y vivant souvent une double vie, Nigel Baldacchino choisit d’éluder toute représentation explicite et sensationnaliste au profit du trouble de la suggestion. 

Né en 1989, Nigel Baldacchino est un artiste et un architecte basé à Malte. Sa pratique artistique s'étend à divers médias, dont la photographie, la production musicale, la vidéo, le texte et la conception d'objets et d'espaces physiques. Son élan vers la photographie dépasse le cadre de thèmes donnés et est souvent alimenté par ses propres réflexions sporadiques sur la façon dont les gens se rapportent au monde qui les entoure, par leur présence dans l'espace et la perception qu'ils en ont.

www.instagram.com/nigelbaldacchino/

www.nigelbaldacchino.com/

Nigel Baldacchino, Pinetu.

Raymond Meeks

Réalisées dans le désert californien au début de l’année 2024, les photographies de la série Erasure, after nature s’inscrivent dans les ruines du capitalisme. De la présence humaine il ne reste que des objets laissés au rebut et des vestiges, tels des ruines d'un passé glorieux désormais incompréhensible ou insupportable. À la manière de la démarche qui caractérisait ses précédents travaux, le photographe a cherché à recenser des motifs et des textures témoignant de la vie itinérante ayant cours dans des espaces marginalisés. Par l’immersion totale dans ces territoires, son observation minutieuse devient une analyse des migrations humaines. 

Connu pour ses livres et ses images qui s’attachent aux questions de mémoire et de lieu, Raymond Meeks explore la manière dont le paysage peut façonner l’individu et, de manière plus abstraite, la façon dont un lieu, même absent, peut continuer à exercer un pouvoir de fascination sur l’être humain. Son travail fait partie des collections permanentes de la National Gallery of Art à Washington D.C., de la George Eastman House à Rochester et de la Bibliothèque nationale de France. Ses expositions personnelles ont eu lieu chez Casemore Kirkeby à San Francisco et chez Fotografia Europea en Italie. En 2018, son livre Halfstory Halflife (Chose Commune) a été sélectionné parmi les finalistes du prix Paris Photo / Aperture.

www.instagram.com/raymondmeeks/

www.raymondmeeks.com/

Raymond Meeks, Erasure, after nature, 2024.

Awoiska van der Molen

Awoiska van der Molen présente deux séries dont les sujets sont éloignés spatialement mais se rejoignent dans l’impression de silence qui s’en dégage. Urban offre des scènes nocturnes contemplatives de la ville qui nous relient à une mémoire profonde. L’espace urbain s’y trouve comme figé dans un moment suspendu où seules les lumières artificielles rappellent une présence humaine latente. Les photographies du projet The Living Mountain forment quant à elles une plongée dans un univers isolé, préservé et luxuriant. La profondeur de leurs ombres rappelle par moments la lueur argentée des nuits de pleine lune. Deux idées de la densité sont ainsi mises en regard.

Née en 1972, Awoiska van der Molen est une artiste photographe néerlandaise. Elle a étudié l'architecture et le design, puis la photographie à la Minerva Art Academy Groningen et à la Hunter City University de New York. En 2003, elle obtient une maîtrise en photographie à l'Académie St. Joost de Breda, aux Pays-Bas. Awoiska van der Molen est connue pour ses images analogiques monumentales en noir et blanc qui représentent son expérience de l'espace primordial et psychologique dans le monde qu'elle photographie.

Les œuvres de la série The Living Mountain ont été prêtées par la Collection d'entreprise Neuflize OBC.

www.instagram.com/awoiska_vandermolen/

www.awoiska.nl/

Awoiska van der Molen, #413-16 2015, 2015.