{"id":1211,"date":"2026-03-25T11:31:39","date_gmt":"2026-03-25T10:31:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/?page_id=1211"},"modified":"2026-03-26T10:07:16","modified_gmt":"2026-03-26T09:07:16","slug":"bruissements","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/bruissements\/","title":{"rendered":"Bruissements"},"content":{"rendered":"<p><strong><span class=\"small\">FR \u2b62 <a href=\"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026en\/bruissements-whispers\/\">EN<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<h1><em><span class=\"theme_color\">Bruissements<\/span><\/em><\/h1>\n<h2>Rebecca Bowring, Eleonora Calvelli, Fran\u00e7ois Jonquet, Katya Lesiv, Ulf Lundin, Natalie Malisse, Margot Wallard<\/h2>\n<p class=\"offsetted\"><strong>La KunstTurm, Tour de l\u2019Europe (14e \u00e9tage), Mulhouse<\/strong><br \/>\n<span class=\"theme_color\">6 juin &#8211; 5 juillet <\/span><br \/>\n<span class=\"theme_color\">samedi et dimanche de 14h \u00e0 18h<\/span><br \/>\n<strong><span class=\"theme_color\">Vernissage le samedi 6 juin \u00e0 10h<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"offsetted with_arrow\">Commissaire d\u2019exposition : Magali Avezou\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u201cLe lieu d\u2019exposition est situ\u00e9 dans ce qu\u2019il est courant d\u2019appeler un gratte ciel, la tour de l\u2019Europe \u00e0 Mulhouse. L\u2019appartement des ann\u00e9es 70 appartient \u00e0 un couple de collectionneurs. Il y a un salon, deux chambres et une cuisine o\u00f9 ne subsiste qu\u2019une partie de la cr\u00e9dence. Tout le reste est vide. Pourtant les histoires occupent l\u2019espace. <span class=\"theme_color\"><em>Bruissements<\/em><\/span> part de ce lieu pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019espace de la domesticit\u00e9, aux liens qui s\u2019y tissent et rassembler des histoires, comme des s\u00e9diments de l\u2019intime.<\/p>\n<p><strong>Ulf Lundin<\/strong> (Su\u00e8de) espionne une jeune famille au t\u00e9l\u00e9objectif pendant un an, nous faisant rentrer dans son intimit\u00e9 tout en rendant manifeste les particularit\u00e9s de cette cellule sociale. <strong>Fran\u00e7ois Jonquet<\/strong> (France), lui, nous raconte sa vie familiale de l\u2019int\u00e9rieur, \u00e0 travers les ann\u00e9es, belle dans sa banalit\u00e9. C\u2019est d\u2019histoires trans-g\u00e9n\u00e9rationnelles dont nous parle <strong>Margot Wallard<\/strong> (France) en se penchant sur la vie alg\u00e9rienne de sa grand-m\u00e8re qui infuse la sienne au point qu\u2019elle parte sur ses traces \u00e0 Oran. Exil\u00e9e ukrainienne en Finlande, <strong>Katya Lesiv<\/strong> (Ukraine) \u00e9voque le d\u00e9sir contrari\u00e9 de rentrer, de \u2018revenir \u00e0 la maison\u2019, comme revenir \u00e0 soi-m\u00eame lorsque les circonstances, telle une guerre, l&#8217;emp\u00eachent. <strong>Eleonora Calvelli<\/strong>, elle, nous entra\u00eene dans les arcanes de l\u2019intimit\u00e9 t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, les reality shows o\u00f9 les corps se cachent et se r\u00e9v\u00e8lent sous l\u2019objectif impudique des cam\u00e9ras. C\u2019est une autre maison que nous raconte<strong> Natalie Malisse<\/strong>, celle de son enfance, celle de la maltraitance. Comme <strong>Rebecca Bowring<\/strong>, pour qui l\u2019espace domestique est devenu, pour un temps, un espace d\u2019enfermement.<\/p>\n<p>Avec des approches diverses, parfois documentaires parfois conceptuelles, ces sept projets explorent les liens que configurent le domestique entendu comme espace de l\u2019intime. Espace comme enceinte, circonf\u00e9rence d\u2019un ensemble de relations humaines ayant trait, g\u00e9n\u00e9ralement, \u00e0 la structure familiale, avec ses affects et ses traumatismes, ses violences et ses solidarit\u00e9s.\u201d<\/p>\n<p class=\"img_caption\">&#8211; Magali Avezou<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1232\" src=\"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/UlfLundin-Picturesofafamily3.png\" alt=\"\" width=\"878\" height=\"632\" srcset=\"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/UlfLundin-Picturesofafamily3.png 878w, https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/UlfLundin-Picturesofafamily3-768x553.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 878px) 100vw, 878px\" \/><\/p>\n<p class=\"img_caption\">Ulf Lundin, <em>Pictures of family<\/em>, 1996<\/p>\n<hr \/>\n<h2>Rebecca Bowring<\/h2>\n<h2 class=\"cancel_mt\"><span class=\"theme_color\"><em>Knowing Thunder Gives Away What Lightning Tries to Hide<\/em><\/span><\/h2>\n<p>\u2018Lorsque le confinement a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019imposer dans notre conscience et nos vies, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par la familiarit\u00e9 que je ressentais face \u00e0 cet \u00e9tat de s\u00e9paration d\u2019avec les amis, la famille et la vie telle que je la connaissais. C\u2019\u00e9tait comme si j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouv\u00e9 ce sentiment auparavant.J\u2019ai utilis\u00e9 le temps que m\u2019offrait le confinement pour trier des photographies prises quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t avec un appareil argentique. En les regardant \u00e0 nouveau, j\u2019ai remarqu\u00e9 qu\u2019elles repr\u00e9sentaient \u00e0 la fois un sentiment d\u2019enfermement et une recherche d\u2019\u00e9vasion. J\u2019ai compris que prendre ces photos \u00e9tait une fa\u00e7on de respirer, un moyen de me d\u00e9tacher de situations impossibles pour \u00e9chapper au contr\u00f4le de mon partenaire. Les images pr\u00e9existantes sur le th\u00e8me des violences domestiques ne repr\u00e9sentaient pas ce que je vivais. Je ne me reconnaissais pas dans les ecchymoses, les c\u00f4tes cass\u00e9es ou le sang qui coule. \u00c0 travers ce projet, je propose une autre vision de la repr\u00e9sentation photographique des violences domestiques. J\u2019ai coll\u00e9 certaines de mes photos sur les murs de ma maison et les ai de nouveau photographi\u00e9es pour repr\u00e9senter visuellement l\u2019exp\u00e9rience \u00e9motionnelle que j\u2019avais ressentie. J\u2019ai ajout\u00e9 d\u2019autres photos telles quelles, afin de cr\u00e9er un sentiment d\u2019incertitude et de repr\u00e9senter la multiplicit\u00e9 et la complexit\u00e9 \u2014 parfois contradictoires \u2014 des sentiments impliqu\u00e9s dans le fait d\u2019\u00eatre confin\u00e9 dans une relation toxique : la solitude, l\u2019adaptation permanente, l\u2019effacement de soi, pour ne pas provoquer le tonnerre qui n\u2019est jamais loin\u2019.<\/p>\n<p class=\"img_caption\">&#8211; Rebecca Bowring<\/p>\n<p><em>Rebecca Bowring con\u00e7oit la photographie comme un lieu de pens\u00e9e et d\u2019exp\u00e9rimentation o\u00f9 se rencontrent nos m\u00e9moires et les formes mat\u00e9rielles de l\u2019image. Elle utilise des proc\u00e9d\u00e9s anciens comme le platine, le cyanotype ou les impressions solaires, r\u00e9emploie des images existantes et travaille avec des supports organiques ou textiles pour interroger la mat\u00e9rialit\u00e9 photographique. Elle questionne comment une image peut conserver une pr\u00e9sence intime dans nos vies au-del\u00e0 de sa capture instantan\u00e9e. Ses recherches, nourries par des exp\u00e9riences personnelles autant que collectives, montrent comment les images accompagnent nos vies, deviennent m\u00e9moire et instaurent du lien. Son travail est r\u00e9guli\u00e8rement pr\u00e9sent\u00e9 en Suisse et \u00e0 l\u2019international, notamment au Centre de la Photographie de Gen\u00e8ve, \u00e0 la Galerie Focale, au Textilmuseum St. Gallen, \u00e0 la Fondation De Pietri Artphilein au Tessin, aux Journ\u00e9es photographiques de Bienne, au Verzasca Foto Festival, ainsi qu\u2019au Helsinki Photo Festival et \u00e0 Exposure+ \u00e0 Kuala Lumpur.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/rebeccabowring.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">rebeccabowring.com<\/a><\/p>\n<h2>Eleonora Calvelli<\/h2>\n<h2 class=\"cancel_mt\"><span class=\"theme_color\"><em>Making Love to G. is gonna be like the first time I tried a cheeseburger<\/em><\/span><\/h2>\n<p><span class=\"theme_color\"><em>Making Love to G. is gonna be like the first time I tried a cheeseburger<\/em> <\/span>est un projet entam\u00e9 en 2012, qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la mani\u00e8re dont les \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9r\u00e9alit\u00e9 \u2014 jouant sur des th\u00e8mes tels que l\u2019intimit\u00e9, le voyeurisme et la violence \u2014 offrent un point d\u2019observation privil\u00e9gi\u00e9 pour comprendre le d\u00e9veloppement de l\u2019industrie culturelle et la fa\u00e7on dont le march\u00e9 colonise la communication de masse. Le projet se compose de deux s\u00e9ries photographiques. La premi\u00e8re partie comprend des photographies en noir et blanc prises de l\u2019\u00e9cran de t\u00e9l\u00e9vision, capturant plusieurs images fixes issues des DVD de la s\u00e9rie britannique <em>Geordie Shore<\/em>. Le travail se concentre exclusivement sur les moments o\u00f9 les membres\/participants du casting ont des relations sexuelles avec les autres occupants de la maison. La seconde partie du projet pr\u00e9sente des photographies en couleur de jeunes femmes en train de se battre et de se frapper, extraites de vid\u00e9os YouTube visionn\u00e9es sur un \u00e9cran d\u2019ordinateur, montrant des sc\u00e8nes issues de l\u2019\u00e9mission de t\u00e9l\u00e9r\u00e9alit\u00e9 <em>Bad Girls Club<\/em>, qui met en sc\u00e8ne les querelles et les affrontements physiques entre les participantes.<\/p>\n<p><em>Eleonora Calvelli est une photographe italienne qui travaille sur des projets ind\u00e9pendants au long cours, centr\u00e9s sur des questions sociales et culturelles. Dans <\/em><span class=\"theme_color\">In Bloom<\/span><em>, elle a explor\u00e9 les couples homoparentaux italiens avec des enfants n\u00e9s gr\u00e2ce aux techniques de \u00ab procr\u00e9ation m\u00e9dicalement assist\u00e9e \u00bb. Cette s\u00e9rie a re\u00e7u le patronage d\u2019Amnesty International et a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e en 2013 sous le titre <\/em><span class=\"theme_color\">In Bloom<\/span><em> (Postcart, Rome). <\/em><span class=\"theme_color\">Making Love To G. Is Gonna Be Like The First Time I Tried A Cheeseburger<\/span><em> est une s\u00e9rie consacr\u00e9e aux \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9r\u00e9alit\u00e9, auto \u00e9dit\u00e9e sous forme de livre d\u2019artiste en 2023. L\u2019ouvrage a remport\u00e9 le prix Marco Bastianelli et a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 pour une exposition collective commissari\u00e9e par Erik Kessels. Son travail a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 l\u2019international dans des festivals tels que le Noorderlicht International Photo Festival (Pays-Bas), Fotografia Europea\/Off \u00e0 Reggio Emilia (Italie) et l\u2019Athens Art Book Fair (Gr\u00e8ce).<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/eleonoracalvelli.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">eleonoracalvelli.com<\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1217\" src=\"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/ECalvelli-Makinglove3.jpg\" alt=\"\" width=\"869\" height=\"652\" srcset=\"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/ECalvelli-Makinglove3.jpg 869w, https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/ECalvelli-Makinglove3-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 869px) 100vw, 869px\" \/><\/p>\n<p class=\"img_caption\">Eleonora Calvelli,<em> Making Love to G. is gonna be like the first time I tried a cheeseburger<\/em>, 2023<\/p>\n<h2>Fran\u00e7ois Jonquet<\/h2>\n<h2 class=\"cancel_mt\"><span class=\"theme_color\"><em>Forage<\/em><\/span><\/h2>\n<p>\u201cMa famille, c\u2019est un archipel de cinq \u00eeles reli\u00e9es par des fondations sous-marines. J&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la fois avec et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces \u00eeles, que j&rsquo;observe d&rsquo;un point de vue ext\u00e9rieur. Le fait de garder une certaine distance me permet de les photographier. Mais au fond de moi, j&rsquo;aspire \u00e0 ce que cette distance diminue. <span class=\"theme_color\"><em>Forage<\/em><\/span> capture des moments quotidiens de vie familiale sur deux d\u00e9cennies.\u201d<\/p>\n<p class=\"img_caption\">&#8211; Fran\u00e7ois Jonquet<\/p>\n<p><em>\u2018Je suis n\u00e9 en 1967 et j\u2019ai grandi dans une grande famille entour\u00e9e de mes parents et de deux s\u0153urs, dans la banlieue parisienne. Pas d&rsquo;appareil photo \u00e0 la maison, mes premiers souvenirs d\u2019images photographiques sont les soir\u00e9es de No\u00ebl chez mes grands-parents maternels au cours desquelles nous regardions un diaporama sur des productions photographiques et super 8 familiales (ma m\u00e8re a huit fr\u00e8res et s\u0153urs). Mon premier appareil photo est celui de ma compagne, rencontr\u00e9e au lyc\u00e9e de notre quartier. Nous nous photographions mutuellement d\u00e8s le d\u00e9but de notre histoire d&rsquo;amour. Apr\u00e8s la naissance de notre premier fils, je suis retourn\u00e9 vers l&rsquo;appareil photo. Comme d&rsquo;autres p\u00e8res, je voulais capturer ma nouvelle vie qui commen\u00e7ait, non sans appr\u00e9hension. Un fr\u00e8re et une s\u0153ur sont bient\u00f4t arriv\u00e9s.Tr\u00e8s vite, prendre des photographies de ma famille est devenu ma vie sous tous ses aspects. Aujourd&rsquo;hui, nous vivons \u00e0 Bordeaux, je suis m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste pour les personnes communiquant en langue des signes fran\u00e7aise au centre hospitalier universitaire. Je photographie depuis la fin de l&rsquo;adolescence et mon travail se concentre sur ma famille et la banalit\u00e9\u2019.<\/em><\/p>\n<p class=\"img_caption\">&#8211; Fran\u00e7ois Jonquet<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/francoisjonquet.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">francoisjonquet.fr<\/a><\/p>\n<h2>Katya Lesiv<\/h2>\n<h2 class=\"cancel_mt\"><span class=\"theme_color\"><em>I am going home to eat mulberries from the tree<\/em><\/span><\/h2>\n<p>\u201cDepuis ma toute petite enfance, l\u2019acte de manger des baies directement sur un arbre ou un buisson a \u00e9t\u00e9 l\u2019une de mes activit\u00e9s les plus ch\u00e9ries et les plus profond\u00e9ment aim\u00e9es. Le m\u00fbrier du jardin des parents, avec son arri\u00e8re-go\u00fbt lact\u00e9 et sucr\u00e9, est devenu un soutien maternel par sa nature. Le corps est nourri par l\u2019intention de revenir au rituel, tout en reconnaissant le temps n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019accomplissement du cycle terrestre. Les arbres et les buissons ne portent pas de fruits toute l\u2019ann\u00e9e ; les pas, les pluies, les oiseaux, le soleil, les explosions et les rassemblements ne s\u2019inscrivent pas forc\u00e9ment dans des d\u00e9cisions concr\u00e8tes.Le projet r\u00e9fl\u00e9chit aux ancrages personnels et aux connexions subtiles durant la p\u00e9riode de l\u2019invasion \u00e0 grande \u00e9chelle de l\u2019Ukraine par la Russie. En temps de perte du sentiment de s\u00e9curit\u00e9 fondamentale, une confiance d\u2019une nouvelle qualit\u00e9 \u00e9merge, un \u00e9tat \u00e0 la fronti\u00e8re de la confiance totale \/ de l\u2019abandon \/ de l\u2019immersion, qui permet d\u2019\u00eatre sensible \u00e0 l\u2019espace \u00e9l\u00e9mentaire. Un \u00e9tat o\u00f9 la diff\u00e9rence entre intention et d\u00e9cision devient claire. La planification et la prise de d\u00e9cision sont douloureuses \u00e0 envisager sans ironie, tandis que l\u2019intention a le go\u00fbt de la tranquillit\u00e9, puisant la m\u00eame force vitale que l\u2019exp\u00e9rience sensorielle qui fa\u00e7onne le corps. Dans le domaine de l\u2019intention, le doute se dissout ; c\u2019est une respiration en tant que corps, un monument flexible, silencieux, \u00ab ce qui m\u00fbrit \u00bb, qui germe, nullement fragile\u201d.<\/p>\n<p class=\"img_caption\">&#8211; Katya Lesiv<\/p>\n<p><em>Katya Lesiv (n\u00e9e en 1993, Ukraine) est une artiste visuelle et photographe actuellement bas\u00e9e en Finlande. Sa pratique explore la question des cycles et de la physicalit\u00e9, de l\u2019exp\u00e9rience \u00e9motionnelle et de la maternit\u00e9 \u00e0 travers la photographie, le livre d\u2019artiste, l\u2019installation, le texte et l\u2019image en mouvement. Souvent ancr\u00e9e dans des rituels quotidiens, son approche performative cherche \u00e0 pr\u00e9server l\u2019intimit\u00e9 tout en cr\u00e9ant des espaces de pr\u00e9sence partag\u00e9e. Le livre occupe une place centrale dans son travail, devenant fr\u00e9quemment la forme finale de ses projets. Les \u0153uvres de Lesiv ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es lors d\u2019expositions personnelles en Ukraine, en Finlande et aux Pays-Bas, ainsi que dans des expositions collectives internationales. Son livre photo <\/em><span class=\"theme_color\">Lullaby 1<\/span><em> a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 parmi les 100 meilleurs livres photo de How We See: Photobooks by Women (10\u00d710 Photobooks), et son livre <\/em><span class=\"theme_color\">I love you <\/span><em>a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9s\u00e9lectionn\u00e9 pour les Aperture PhotoBook Awards en 2022.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/katyalesiv.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">katyalesiv.com<\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1230\" src=\"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/KaterinaLessiv-I-am-going-home-to-eat-mulberries-from-the-tree2.jpg\" alt=\"\" width=\"588\" height=\"911\" \/><\/p>\n<p class=\"img_caption\">Katya Lesiv, <em>I am going home to eat mulberries from the tree, <\/em>2023-2024\u00a0<\/p>\n<h2>Ulf Lundin<\/h2>\n<h2 class=\"cancel_mt\"><span class=\"theme_color\"><em>Pictures of a Family<\/em><\/span><\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0Lorsque nous nous sommes rencontr\u00e9s pour la premi\u00e8re fois, nous \u00e9tions debout, \u00e9paule contre \u00e9paule, adoss\u00e9s au pignon de l\u2019\u00e9cole primaire de Nolby. \u00c0 quelques m\u00e8tres devant nous, son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 et quelques-uns de ses amis \u00e9taient align\u00e9s comme un peloton d\u2019ex\u00e9cution, brandissant des b\u00e2tons taill\u00e9s en pointe sur lesquels \u00e9taient plant\u00e9es des pommes fra\u00eechement vol\u00e9es. Les pommes furent lanc\u00e9es vers nous \u00e0 une vitesse consid\u00e9rable, mais aucune ne nous toucha. Debout \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui, je pouvais sentir son corps se crisper chaque fois qu\u2019une pomme s\u2019\u00e9crasait contre le mur jaune p\u00e2le derri\u00e8re nous. Nous habitions le m\u00eame quartier et, cet automne-l\u00e0, nous sommes devenus amis. Il avait une classe d\u2019avance sur moi et \u00e9tait de loin le plus audacieux de nous deux. C\u2019\u00e9tait toujours lui qui faisait le premier pas, et moi celui qui suivait. Il choisissait toujours un point plus \u00e9lev\u00e9 pour sauter. Il a eu des relations sexuelles avant moi, et lorsque je songeais \u00e0 acheter un cyclomoteur, il avait d\u00e9j\u00e0 vendu le sien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"img_caption\">&#8211; Ulf Lundin<\/p>\n<p><em>Ulf Lundin est n\u00e9 en 1965 \u00e0 Alings\u00e5s, en Su\u00e8de, et a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 \u00e0 la photographie \u00e0 l\u2019\u00c9cole de photographie de l\u2019Universit\u00e9 de G\u00f6teborg (MFA, 1997). Il vit aujourd\u2019hui \u00e0 Stockholm et travaille comme artiste, principalement dans les domaines de la vid\u00e9o et de la photographie. Depuis de nombreuses ann\u00e9es, il s\u2019int\u00e9resse aux questions li\u00e9es \u00e0 la photographie et au regard photographique, ainsi qu\u2019\u00e0 la vie quotidienne. Il a recours \u00e0 diff\u00e9rentes strat\u00e9gies selon les projets afin de rendre l\u2019ordinaire int\u00e9ressant. Son travail a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9, entre autres, \u00e0 la Galleri Magnus Karlsson (Su\u00e8de), \u00e0 la Kunsthall 3.14 \u00e0 Bergen (Norv\u00e8ge, 2020) et \u00e0 la Bandung Photography Trienniale en Indon\u00e9sie (2025). Lundin est repr\u00e9sent\u00e9 par la Galleri Magnus Karlsson \u00e0 Stockholm. Il a publi\u00e9 quatre livres, dont <\/em><span class=\"theme_color\">Best of Sweden<\/span><em>, paru en 2023, et <\/em><span class=\"theme_color\">Pictures of a Family<\/span><em>, paru en 2024.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/ulflundin.nu\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ulflundin.nu<\/a><\/p>\n<h2>Natalie Malisse<\/h2>\n<h2 class=\"cancel_mt\"><span class=\"theme_color\"><em>La Grande maison<\/em><\/span><\/h2>\n<p>\u201cLa nuit nous ram\u00e8ne aux souvenirs que nos jours s\u2019efforcent d\u2019oublier.\u201d <span class=\"theme_color\"><em>La grande maison<\/em><\/span> est un travail photographique qui pose un regard sur la violence intrafamiliale. Cette recherche, men\u00e9e sous forme d\u2019anamn\u00e8se sur les lieux de l\u2019enfance de l\u2019artiste, met en images des fragments de m\u00e9moire qui habitent une s\u00e9rie de cauchemars r\u00e9currents. Photographies et textes sondent un espace mental, dont les fronti\u00e8res s\u2019\u00e9tendent au-del\u00e0 du visible, et traquent les blessures et les ombres muettes dans la maison paternelle. Les images polaroids et argentiques d\u00e9noncent la violence sourde qui se cache derri\u00e8re les apparences et la loi du silence qui l\u2019entoure.<\/p>\n<p><em>Natalie Malisse est une photographe belge form\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9cole Sup\u00e9rieure des Arts de l\u2019Image \u201cLe 75\u201d et \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Royale des Beaux-Arts de Gand (KASK). Elle vit et travaille \u00e0 Bruxelles. Sa pratique artistique explore les strates qui nous fa\u00e7onnent et interroge par l\u2019image des territoires li\u00e9s \u00e0 la m\u00e9moire traumatique, \u00e0 la sant\u00e9 mentale, au handicap et aux in\u00e9galit\u00e9s de genre.Ses images, expos\u00e9es en Belgique et en France, sont pr\u00e9sent\u00e9es dans le cadre de Circulation(s), du Prix National Photographie Ouverte (Mus\u00e9e de la Photographie de Charleroi, Belgique), du Prix M\u00e9diatine (Centre culturel Wolubilis, Belgique) et du Festival OFF Arles. <\/em><span class=\"theme_color\">La grande maison<\/span><em>, publi\u00e9 aux \u00e9ditions du Ca\u00efd, est son premier livre.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/nataliemalisse.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">nataliemalisse.com<\/a><\/p>\n<h2>Margot Wallard<\/h2>\n<h2 class=\"cancel_mt\"><span class=\"theme_color\">Oran<\/span><\/h2>\n<p>\u201cPour nous, l\u2019Alg\u00e9rie \u00e9tait la toile de fond de nos nombreuses r\u00e9unions de famille. Ma grand-m\u00e8re, v\u00e9ritable pilier de la famille, \u00e9voquait quotidiennement l\u2019Alg\u00e9rie. Elle \u00e9tait obs\u00e9d\u00e9e par ce pays o\u00f9 elle n\u2019\u00e9tait jamais retourn\u00e9e. L\u2019Alg\u00e9rie n\u2019a jamais cess\u00e9 de hanter sa vie en France. M\u00eame si elle d\u00e9testait la politique, il n\u2019y avait pas d\u2019amertume dans ses propos, plut\u00f4t une grande m\u00e9lancolie et de l\u2019amour pour le pays.\u201d <br \/>\nMargot Wallard, petite-fille de pieds-noirs explore les archives familiales apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s d\u2019une grand-m\u00e8re et part sur les traces de sa famille pour la premi\u00e8re fois en 2018, dans une ville qu\u2019elle ne conna\u00eet qu\u2019\u00e0 travers les r\u00e9cits de sa grand-m\u00e8re.<\/p>\n<p><em>Margot Wallard (1978, France) est une photographe bas\u00e9e \u00e0 Montreuil. Son travail explore les liens entre territoire, m\u00e9moire et intimit\u00e9. Elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la transmission familiale, les relations humaines et la disparition.Elle a publi\u00e9 plusieurs livres dont M<\/em><span class=\"theme_color\">on fr\u00e8re Guillaume et Sonia <\/span><em>(Journal, 2013) et <\/em><span class=\"theme_color\">Natten<\/span><em> (Max Str\u00f6m, 2017). Son travail a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 a Encontros Da Imagen (Portugal), le Festival Planches Contacts (France), a la MEP (France) et Landskrona Fotofestival (Su\u00e8de) entre autres. En 2026, son projet <\/em><span class=\"theme_color\">Oran<\/span><em> sera publi\u00e9 aux \u00e9ditions Le Bec en l\u2019air. Elle est repr\u00e9sent\u00e9e par la Galerie Doroth\u00e9e Nilsson (Berlin) et la Galerie VU\u2019 (Paris).<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wallard.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">wallard.com<\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1212\" src=\"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/MargotWallard-Oran1.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"682\" srcset=\"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/MargotWallard-Oran1.jpg 1024w, https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/MargotWallard-Oran1-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<p class=\"img_caption\">Margot Wallard, <em>Oran<\/em>, 2018 &#8211; en cours\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FR \u2b62 EN Bruissements Rebecca Bowring, Eleonora Calvelli, Fran\u00e7ois Jonquet, Katya Lesiv, Ulf Lundin, Natalie Malisse, Margot Wallard La KunstTurm, Tour de l\u2019Europe (14e \u00e9tage), Mulhouse 6 juin &#8211; 5 juillet samedi et dimanche de 14h \u00e0 18h Vernissage le samedi 6 juin \u00e0 10h Commissaire d\u2019exposition : Magali Avezou\u00a0\u00a0 \u201cLe lieu d\u2019exposition est situ\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"class_list":["post-1211","page","type-page","status-publish","hentry","category-non-classe"],"acf":{"photo_gallery":{"gallery":[[{"id":1235,"title":"Jonquetforage 060 VOID 2023","caption":"Fran\u00e7ois Jonquet, <i>Forage<\/i>, 2023","full_image_url":"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/Jonquetforage-060-VOID-2023.jpg","thumbnail_image_url":"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/Jonquetforage-060-VOID-2023.jpg","large_srcset":"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/Jonquetforage-060-VOID-2023.jpg 876w, https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/Jonquetforage-060-VOID-2023-768x609.jpg 768w","medium_srcset":"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/Jonquetforage-060-VOID-2023.jpg 876w, https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/Jonquetforage-060-VOID-2023-768x609.jpg 768w","media_details":{"width":876,"height":695,"sizes":{"medium_large":{"file":"Jonquetforage-060-VOID-2023-768x609.jpg","width":768,"height":609,"mime-type":"image\/jpeg","filesize":92637,"source_url":"https:\/\/www.biennale-photo-mulhouse.com\/2026\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2026\/03\/Jonquetforage-060-VOID-2023-768x609.jpg"}}},"alt_text":"","url":"","target":""}]]}},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v21.9.1 - 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